Les preuves de l’inféodation du Rêve géorgien au pouvoir russe sont innombrables, depuis l’abandon de la candidature à l’Union européenne jusqu’à l’ensemble des lois liberticides qui étouffent toute vie démocratique. Ces faits sont connus, attestés, et ne laissent malheureusement aucun doute sur l’alignement de la Géorgie sur la Russie.
Il existe un autre faisceau de preuves, qui commence à émerger depuis quelques mois, et sur lequel l’Union européenne mène des enquêtes approfondies. Il s’agit de la manière dont les autorités géorgiennes contournent les sanctions internationales contre la Russie.
Un fait précis, qui remonte au mois de mars, donne la mesure de cet alignement. Les autorités de la région de Donetsk, annexée et administrée par la Russie, ont annoncé la signature d’un accord avec une entreprise géorgienne pour l’exportation de charbon, de produits chimiques et de métaux. André Tcherkov, chef du « gouvernement » de Donetsk, s’est ainsi félicité de « ce premier pas concret vers l’établissement de relations commerciales à part entière avec la Géorgie » (Le Monde, 3/04/2026)1

Valerian Koshiashvili, photo en provenance des réseaux sociaux
L’homme d’affaires géorgien qui a signé cet accord avec le gouvernement d’occupation de Donetsk s’appelle Valerian Koshiashvili. Il a déclaré : « … et moi, je souhaite rétablir de bonnes relations avec la Russie. Après tout, ce sont nos voisins… » (Le Monde, ibid.). Aucun commentaire officiel de la part du Rêve géorgien sur ces déclarations et sur cet accord. D’autres faits de même nature ont été observés et ont placé Tbilissi sous surveillance accrue de Bruxelles.
Un trafic illégal de pétrole brut russe, transitant par le terminal de Koulevi2 , a été débusqué. Quatre tankers russes (265 000 tonnes de brut) ont été identifiés dans un schéma de réexportation.
La falsification de la destination finale des marchandises semble être une pratique courante. Une récente étude3 de l’OLAF4 portant sur 760 véhicules a ainsi identifié la Géorgie parmi les pays qui déclarent une fausse destination finale, ces véhicules se retrouvant en réalité en Russie.
Des dizaines de milliers de sociétés à capitaux russes ont été enregistrées depuis 2022. Cela ne peut que favoriser les transactions, les paiements et les réexportations. Le Parlement européen, encore une fois, a émis des inquiétudes quant à cette situation.
Pour Sandro Kevhishvili, de Transparency International, interrogé à ce sujet par le quotidien Le Monde, la Géorgie « reste clairement un corridor de contournement des sanctions, par lequel transitent des marchandises à la fois à usage civil et militaire — de type composants électroniques — vers la Russie. »
Sources consultables
EU Considers Sanctions on Georgia’s Kulevi Port Over Russian Oil Links (OCCRP)
EU sanctions Georgia’s Kulevi refinery for processing Russian oil (OC Media)
Fact/reporting roundup — Russian oil cargo to Georgia / sanctions-evasion coverage (OilPrice
summary)
Background reporting on Georgia, sanctions and EU scrutiny (Civil.Ge)
JamNews — reporting on EU decisions regarding Kulevi (context and updates)




